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Notre nouveau logo a une signification particulière :- Des éléments en forme de trèfle pour honorer notre patrimoine.
- Des figures humaines pour représenter la communauté et le partenariat.
- Des formes inspirées par le cœur qui évoquent la gentillesse, la vitalité et l’esprit d’entraide qui guide tout ce que nous faisons.

J’adore le mois de décembre : l’ambiance festive des Fêtes, la magie tranquille du solstice d’hiver et l’excitation des vacances d’hiver à venir avec mes enfants. Mais même si j’adore cette période de l’année, je dois être honnête : la période qui précède peut être intense. La vie de famille devient un tourbillon et la liste des choses à faire semble s’allonger plus vite que je ne peux la cocher.
Chaque année, j’ai certaines traditions qui me sont chères : décorer la maison, faire des pâtisseries, planifier des repas spéciaux, choisir des cadeaux attentionnés. Ces rituels me remplissent de joie… mais ils alourdissent également ma charge mentale déjà débordante. Vous vous reconnaissez dans cette situation ? Ce bourdonnement constant de choses à retenir, à planifier, à programmer, à emballer et à préparer ?
Au milieu d’un emploi du temps déjà chargé, nous essayons tant bien que mal d’en faire encore plus : pâtisseries de Noël, achats, décorations, concerts scolaires, échanges de cadeaux et événements communautaires. Certains jours, je ne sais même pas quand je vais trouver le temps de faire des courses simples, comme retourner un article chez Costco !
Le temps : le prioriser, le protéger, le planifier
C’est là que réside le véritable défi de la saison.
Et puis, il y a la pression, souvent auto-infligée, de vouloir que tout soit parfait. Nous glissons dans un parentalité perfectionniste sans même nous en rendre compte. Mais la vérité, c’est que nous n’avons pas besoin de vacances dignes d’Instagram. Nos enfants n’ont pas besoin que nous recréions une page de magazine ou que nous organisions des réunions impeccablement préparées. Ils ont besoin de nous, présents, calmes, connectés.
Chaque année, en décembre, je dois me rappeler gentiment de me modérer. J’ai tendance à tout faire, que j’accueille vingt personnes ou que je passe simplement des vacances tranquilles avec ma petite famille. Et oui, une partie de moi apprécie vraiment cela ! C’est ce qui rend si difficile de savoir quand s’arrêter.
Mais j’apprends peu à peu que la magie de cette période de l’année ne réside pas dans les décorations, la nourriture ou l’ambiance parfaitement orchestrée. Elle réside dans les petits moments : se blottir sur le canapé, faire un casse-tête ensemble, sortir faire une promenade dans la neige. Ce sont ces souvenirs qui comptent vraiment. Pour nous, dont la famille est loin, ces moments de complicité sont d’autant plus précieux.
Si vous ressentez le poids de la charge mentale en ce mois de décembre, sachez que vous n’êtes pas seul. Nous jonglons tous, nous nous adaptons et faisons de notre mieux. Puissions-nous tous trouver l’équilibre, en honorant les traditions qui nous sont chères tout en préservant notre temps, notre énergie et notre bien-être. Je lève mon verre à une saison qui semble réalisable, pleine de sens et de cœur.

« Voulez-vous avoir d’autres enfants ? » Si vous êtes parent, vous avez probablement entendu cette question plus souvent que vous ne pouvez le compter. Peut-être vous êtes-vous posé la même question. Peut-être avez-vous déjà pris votre décision, ou peut-être que cette décision ne vous appartient même pas. Quoi qu’il en soit, il s’agit d’un sujet profondément personnel, et pourtant c’est souvent l’une des premières questions que les gens posent après la naissance de votre premier enfant.
Mais pourquoi donc ?
Il semble exister un scénario social tacite selon lequel, une fois que vous avez eu un enfant, vous allez naturellement en avoir d’autres. Et si ce n’est pas le cas, on attend de vous que vous expliquiez pourquoi. Que cette pression vienne de votre famille, de vos amis, de vos collègues ou même d’inconnus, elle peut être subtile… ou pas si subtile que ça. Il existe cette idée sous-jacente selon laquelle une famille « complète » doit avoir plusieurs enfants, et que vous vous écartez en quelque sorte de la norme si vous suivez un modèle différent.
Personnellement, je n’ai jamais accordé beaucoup d’importance aux personnes qui me posaient cette question. Cela m’a toujours semblé être une conversation anodine. Mais quand je prends du recul et que j’y réfléchis vraiment, je me rends compte à quel point c’est une question personnelle. Pour certains, c’est un sujet sensible, voire douloureux. La fertilité, les finances, la santé physique et/ou mentale, la dynamique des relations, les objectifs de vie… Tant de facteurs influencent cette décision, et tous ne peuvent pas être abordés ouvertement.
Ce qui rend la tâche encore plus difficile, c’est la rapidité avec laquelle les questions complémentaires fusent une fois que vous avez répondu. Si vous répondez oui, les gens pourraient vous interrompre avec :
- « Quand prévoyez-vous d’avoir le prochain ? »
- «Combien d’année voulez-vous entre vos enfants? »
« Tu vieillis, non ? »
- « Pourquoi pas ? »
- « Tu ne veux pas que ton enfant ait un frère ou une sœur ? »
- « N’est-ce pas égoïste de s’arrêter à un seul ? »
- « Qui prendra soin de toi quand tu seras plus âgé ? »
- « Il est important pour un enfant de grandir avec des frères et sœurs. »
- « Ça devient plus facile à chaque enfant. »
- « Les enfants vous gardent jeune. »
- « Tu ne devrais pas en prendre plus, tu as déjà l’air débordé. »
- « Et si le prochain était encore plus difficile que le premier ? »

Bonjour à tous,
J’espère que vous avez eu la chance de profiter des belles couleurs de l’automne et que vous êtes en bonne santé. Alors que nous entrons dans la grisaille de novembre, j’aimerais vous apporter un peu de lumière en vous annonçant de bonnes nouvelles pour la communauté d’expression anglaise.
Un nouveau chapitre : De la Santé 50+ à Vieillir en Communauté
Lorsque j’ai pris en charge le programme Santé 50+ au début de l’année 2023, notre équipe était impatiente de continuer à soutenir les personnes âgées de 50 ans et plus – d’autant plus que nos programmes ont connu une croissance rapide après la pandémie. Nous avions beaucoup d’idées, mais une chose était claire dès le départ : les besoins des personnes âgées de 50 à 100 ans sont beaucoup trop diversifiés pour être intégrés dans un seul programme.
Nous avons également remarqué que les participants âgés de 50 à 65 ans étaient sous-représentés, souvent parce qu’ils travaillent encore et ne peuvent pas participer aux activités de jour. Pendant des années, l’idée d’adapter le programme aux besoins des personnes plutôt qu’à leur âge a été évoquée.
Maintenant, à partir de novembre 2025, j’ai le plaisir d’annoncer que Santé 50+ devient officiellement le programme Vieillir en communauté. Cette évolution reflète notre mission qui consiste à aider les membres de la communauté d’expression anglaise à rester en bonne santé, indépendants et connectés – chez eux et dans leur quartier – le plus longtemps possible.
Dans cette nouvelle version, vous découvrirez les services de notre nouvelle navigatrice en gériatrie sociale, France Gaudet, qui offre un accompagnement et un soutien personnalisés au début du parcours de vieillissement, avant que les défis ne deviennent des crises. Vous pouvez la joindre par courriel à fgaudet@jhpartners.net ou par téléphone au 418-684-5333 poste 11918 (Veuillez noter qu’il y a une erreur dans les cartes postales présentant le service et que ce poste est le bon). En tant que coordonnatrice du programme, je m’assurerai de poursuivre les activités régulières de notre programme – l’activité Halte Cerveau, les ateliers Bien Chez Soi et les Cafés bien-être – qui favorisent les liens et le vieillissement en santé dans la communauté.
Reconnaissance des proches aidants
Bien entendu, vieillir en communauté ne se fait pas en demeurant isolés. Les services sociaux et de santé – qu’ils soient publics ou communautaires – sont essentiels, mais ils ne disent pas tout. En 2013, on estime que 85 % des soins aux aînés au Québec étaient fournis par des proches aidants. Compte tenu des besoins croissants et des pressions exercées sur les systèmes de santé, ce pourcentage est probablement encore plus élevé aujourd’hui.
Mais être aidant, ce n’est pas seulement soutenir un parent âgé. C’est apporter une aide émotionnelle ou pratique à tout proche en perte d’autonomie, quel que soit son âge ou sa relation. Et il n’y a pas de seuil pour ce qui « compte » : près de la moitié des aidants québécois donnent entre une et cinq heures de soutien par semaine, et pourtant, ensemble, leurs efforts maintiennent notre système de santé à flot.
À l’occasion de la Semaine nationale des aidants (du 2 au 8 novembre), je vous encourage à tendre la main à un aidant que vous connaissez, car nous en connaissons tous au moins un. Leur travail peut être invisible et isolant, et même le plus petit geste – un mot gentil, un repas préparé à la maison ou une offre d’écoute – peut faire une réelle différence.
Nous vous souhaitons un bon mois de novembre !
Anaïs

Jean Saville est née à Québec, aînée d’une famille de 4 filles et 2 garçons. Elle a deux sœurs survivantes qui vivent à Québec et un frère à Montréal. Femme forte et charmante, Jean a acquis ses compétences de base en français à l’école primaire, en tant que deuxième langue, ainsi que par l’intermédiaire des enfants canadiens-français de son quartier. Elle déclare qu’elle parvient encore à se débrouiller dans la vie grâce à ces connaissances. Pendant sa scolarité en anglais, Jean était plutôt un loup solitaire, se tenant à l’écart, mais c’était une jeune fille qui aimait beaucoup lire. Cela s’est avéré frustrant pour elle, car l’accès aux livres écrits en anglais était limité. Elle lisait donc avidement tout ce qui lui tombait sous la main !
Après l’école, Jean a travaillé pendant une courte période, mais elle ne se sentait pas à l’aise en présence d’un grand nombre de personnes. C’est alors qu’elle a ressenti un appel fort et qu’elle est entrée au couvent des Sœurs de la Charité à Halifax. Ce fut une période particulièrement difficile pour elle. Elle était envahie par des sentiments de solitude, de manque de sociabilité et d’absence d’appartenance. Elle cherche à s’évader par la prière. Pendant son séjour au couvent, quelqu’un a dit à Jean : « La vocation et ce que vous faites dans la vie est une question de choix ». Comme dans la culture française, elle savait que le premier né était donné à Dieu et savait donc que c’était sa vocation. Bien que cela ait été extrêmement difficile pour Jean, elle a choisi d’être résiliente, conservant sa place au couvent pendant plus de cinq ans. Cela est dû en grande partie à l’aide de nombreuses religieuses bienveillantes, ainsi que de plusieurs médecins qui ont parlé à Jean et ont essayé de l’aider à comprendre ses problèmes. Au bout d’un certain temps, cependant, Jean a décidé que, même si elle avait fait ce choix, il était devenu clair pour elle que la réalité était au-delà de ses capacités. Elle estimait que rester dans cette réalité était aller à l’encontre de ce qu’elle souhaitait. Certains pourraient penser que Jean aurait abandonné. Mais comme elle l’a dit, « je n’abandonnerai jamais » parce qu’elle était (et est toujours !) une femme très têtue.
Elle est retournée chez ses parents et y a vécu quelque temps. La famille lui est extrêmement précieuse. Elle trouve un sens à sa vie, donne son temps de manière désintéressée et s’engage dans des activités au service des autres. Malheureusement, c’est après avoir quitté le couvent que Jean a connu plusieurs autres difficultés dans sa vie. Les médecins ont finalement posé un diagnostic de schizophrénie. Bien que cette nouvelle soit dévastatrice, elle avait enfin une réponse à certains de ses problèmes antérieurs. Quelque temps plus tard, Jean a fait une chute et a développé des problèmes oculaires alors qu’elle refusait de se faire soigner à l’hôpital. La rétine endommagée lui a causé beaucoup de douleur et d’angoisse. Pendant cette période de stress, elle a souvent éprouvé des sentiments de tristesse, mais une fois encore, grâce à des prières réfléchies et à son obstination, elle a persévéré et continue aujourd’hui encore à trouver des moyens de poursuivre son amour de la lecture. Dans la soixantaine, Jean a commencé à rechercher et à lire des livres religieux. Elle en possédait une vaste collection chez elle, à laquelle elle tenait par-dessus tout. Elle a demandé certains aménagements pour l’aider à mener une vie aussi normale que possible tout en lisant. Jean refuse de baisser les bras. « J’ai un bon cœur, je ne peux pas abandonner. C’est ce qui me fait avancer.
Tout au long de son parcours, Jean remercie les nombreuses personnes qui ont croisé sa route. Selon elle, des personnes de tous horizons lui ont prodigué des conseils avisés. En outre, de simples gestes de gentillesse, comme le fait d’avoir les numéros de téléphone de sa famille écrits en gros caractères près de son fauteuil, les numéros de téléphone de ceux qui pourraient lui fournir un moyen de transport à l’extérieur de la résidence, ainsi que d’autres articles et aménagements qui lui ont été fournis avec peu ou pas de frais, l’emplissent d’humilité et de gratitude. Elle apprécie énormément les bénévoles de Saint Brigid’s Home, qu’elle qualifie « d’inestimables ». Elle a également exprimé sa satisfaction de pouvoir participer au bingo, de se faire faire les ongles, d’assister aux goûters d’anniversaire et d’écouter le pianiste. Elle se sent bénie de vivre dans un endroit aussi dynamique que Saint Brigid’s Home.
Jean Saville a déclaré qu’elle refusait d’abandonner. Cette obstination lui a donné un sens et un but. Elle affirme que Dieu nous rappelle qu’il n’accepte au paradis que ceux qui sont prêts à se battre et à persévérer dans les épreuves. Bien qu’elle ait dû faire face à de nombreux défis dans sa vie, elle fait preuve de résilience et de constance. Elle va de l’avant et est désireuse d’aider les autres sur son chemin. Elle est à jamais reconnaissante à tous ceux qui ont fait ce voyage avec elle.
Lorsque j’ai rencontré Hazel pour la première fois, je reconnaissais déjà sa silhouette déterminée qui traversait le salon pour sortir faire sa promenade matinale. Cela semble être une activité saine et agréable, mais pour Hazel, c’est comme un marathon quotidien, car elle se fraye courageusement un chemin à travers le bâtiment avec son déambulateur, lente et fragile, mais forte de sa détermination, un signe indéniable de résilience si j’avais besoin d’une preuve.
Nous nous sommes assises ensemble comme de parfaites inconnues et, à la fin de nos discussions, nous étions devenues de vraies amies. Je me suis sentie honorée d’avoir pu me lier d’amitié avec elle et d’avoir été autorisée à entrer dans sa vie privée. Il ne s’agissait pas seulement de conversations sur des souvenirs, aussi précieux soient-ils, mais d’une plongée au cœur même de sa vie. Il n’y a pas eu de bavardage entre nous : nous nous en sommes tenus aux notions de résilience, de sens et de gratitude.
Ayant lu l’année dernière le célèbre ouvrage de Viktor Frankl, « La quête de sens chez l’homme », j’étais très consciente que pour Hazel, la quête de sens est quotidienne, ce qui fait partie de sa résilience et de son impressionnante détermination à aller de l’avant malgré les difficultés liées à sa mobilité réduite et à sa dépendance à l’égard des autres, surtout de la part d’une personne qui a passé la majeure partie de sa vie à être la personne dont on dépend.
La foi a toujours été au cœur de sa quête de sens et l’a aidée à maintenir et à développer sa résilience et sa gratitude. Elle a été le pivot central de sa vie. Lorsque nous avons commencé à parler, la foi a été le premier mot qui lui est venu à l’esprit en ce qui concerne la résilience, mais ce mot fait référence à bien d’autres choses dans sa vie, et pas seulement à la notion d’église. Il était rafraîchissant et inhabituel de l’entendre dire qu’elle avait hérité sa foi de ses parents. Beaucoup d’entre nous suivent les traces de leurs parents avec des croyances ou des tendances particulières, mais j’ai été très frappée par la notion d’héritage de la foi.
La vie d’Hazel tournait principalement autour de ses parents, avec lesquels elle a toujours vécu à Sillery. Elle était totalement dévouée à sa relation avec eux, appréciant la camaraderie avec eux, passant de joyeuses soirées sociales à jouer à des jeux de mots et à des puzzles, regardant ensemble leurs émissions de télévision préférées et se rendant à l’église Saint-Patrick le dimanche. Ils étaient ses amis et, lorsqu’ils ont pris de l’âge, elle est automatiquement devenue leur proche aidante, les emmenant à leurs rendez-vous médicaux et s’occupant de tous leurs besoins. C’est une vie qu’elle a embrassée ; elle n’a pas cherché à avoir une vie différente ou à partir vivre ailleurs toute seule ; elle a choisi consciemment de rester avec eux dans la maison où elle avait grandi. Elle est restée dans cette maison pendant 40 ans. S’occuper de ses parents lui a donné du sens et l’a comblée.
À un moment de sa vie, les choses auraient pu évoluer différemment lorsqu’elle s’est rapprochée d’un prêtre protestant, mais comme il était divorcé et qu’Hazel était très attachée aux conventions catholiques, elle ne s’est pas sentie capable de poursuivre la relation ou d’envisager de l’épouser. Décidée et tenace dans ses convictions, elle n’a pas regretté sa décision.
Pendant 35 ans, Hazel a travaillé dans l’administration pour le gouvernement du Québec, dirigeant une équipe qui a informatisé le système d’expropriation des terres pour la construction des réseaux routiers au Québec. Elle a travaillé avec les analystes du département des transports et a eu beaucoup de responsabilités, tant vis-à-vis des gens que pour aider à organiser les infrastructures de transport en pleine croissance. Elle n’en parle pas avec fierté, même si j’ai essayé de la convaincre qu’elle pouvait être fière d’une telle carrière. Elle aimait son travail mais ce n’était pas la chose la plus importante dans sa vie. Ses valeurs et ses convictions sont toujours restées au premier plan et la fierté n’est pas entrée en ligne de compte.
La marche et la lecture ont également été des activités importantes et agréables dans sa vie. Elle aimait les livres sur la vie dans les États du Sud, notamment les romans de Taylor Caldwell, et en discutait avec sa mère. Cependant, sa mobilité physique s’est progressivement détériorée et sa vue a tellement baissé qu’elle ne peut plus lire. Lorsque ses parents sont décédés et qu’elle a déménagé au Manoir Archer, elle marchait au moins deux heures par jour, s’arrêtant parfois au centre commercial Laurier pour prier dans la chapelle qui s’y trouve. Je ne sais pas si cette chapelle existe encore, mais si c’est le cas, c’est un trésor bien caché qu’Hazel a découvert. C’était à une époque où elle avait déjà du mal à marcher et où elle se déplaçait partout avec son déambulateur. Son sens de l’humour discret et peu pratiqué s’est exprimé lorsqu’elle a mentionné que son saint préféré était Saint Jude, le saint des causes désespérées. Si nous étions tous aussi humbles, le monde serait peut-être meilleur !
Maintenant qu’Hazel a une vision réduite, elle ne peut plus profiter des puzzles, des journaux et des livres qu’elle aimait tant, mais elle n’éprouve pas d’amertume face à ses handicaps, malgré les efforts physiques et émotionnels qu’elle doit déployer chaque jour pour continuer à vivre. Elle affirme que rien ne lui procure de la joie ; vivre chaque jour est un dur labeur, mais elle est reconnaissante, à la fin de chaque journée, de pouvoir encore marcher. En outre, elle trouve encore des moments de paix à la messe hebdomadaire, ce qui est une autre forme de gratitude.
« Nous perdons ce à quoi nous tenons le plus », dit-elle en pensant à ses difficultés physiques et à celles d’anciens amis, mais elle ajoute ensuite : « Tout est un cadeau si nous l’utilisons de cette façon », et nous continuons à avoir une merveilleuse discussion sur l’ironie de la vie. Nous ne choisissons pas de souffrir, mais le fait d’affronter la souffrance au lieu d’essayer de l’éviter a fait d’Hazel ce qu’elle est aujourd’hui. La prière l’a aidée à traverser les moments difficiles et continue à lui donner du courage. Traitée comme un cadeau, la souffrance donne naissance à une puissante résilience.
On pourrait dire qu’Hazel a deux trinités parallèles : sa trinité catholique et la trinité de la résilience, du sens et de la gratitude. Après notre dernière discussion, je me suis souvenu du sonnet de John Milton sur sa cécité, et j’ai pensé qu’il était tout à fait approprié à la vie d’Hazel aujourd’hui. C’est pourquoi je termine par la célèbre citation: « Ceux qui ne font que se tenir debout et attendre servent aussi« . La patience et la foi tranquilles d’Hazel sont également une forme précieuse de service.
Les conversations avec Hazel ont eu lieu en août et septembre 2025.
Article rédigé par Sarah Blair (bénévole)
Au début du mois de juillet, j’ai reçu un courriel m’invitant à écrire sur les expériences de vie d’une personne âgée de la région. J’ai accepté avec enthousiasme et, quelques semaines plus tard, j’ai appris que j’allais rencontrer Elizabeth Vatcher, une résidente de St. Brigid’s Home âgée de 99 ans.
Je ne savais pas trop à quoi m’attendre, seulement qu’Elizabeth avait vécu près d’un siècle et que j’allais aider à partager son histoire. Au cours de trois visites en août, j’ai appris à connaître une femme façonnée par l’amour, le sacrifice, la résilience et la gratitude.
Elizabeth m’a accueillie chaleureusement. Elle m’a dit qu’elle portait le nom de sa grand-mère et que son deuxième prénom, Mary, lui avait été transmis par sa mère. Elle est née en 1926 dans la ville papetière de Kenogami (qui fait aujourd’hui partie du Saguenay), deuxième d’une famille de huit enfants.
Les rues où elle a grandi, Cabot et Price, étaient à l’époque des routes de gravier. Elle se souvient d’avoir joué aux billes dans la terre avec ses amis. Comme sa famille ne possédait pas de voiture, elle marchait partout. Le quartier était majoritairement d’expression anglaise, et elle a fréquenté l’église « Saint Andrew’s United Church » et l’école protestante anglaise locale.
« J’ai dû quitter l’école à l’âge de dix ans », m’a-t-elle dit. « Je n’ai jamais terminé la cinquième année. J’ai dû rester à la maison et aider ma mère à s’occuper de mes jeunes frères et sœurs. Je devais m’assurer qu’ils avaient des vêtements propres et qu’on leur lavait les pieds tous les soirs. »
Il n’y avait ni baignoire ni douche dans la maison de l’enfance d’Elizabeth. La famille utilisait un bassin en métal galvanisé pour le bain, juste assez grand pour que les plus jeunes enfants puissent s’y asseoir, un par un, les jambes croisées. Pour les plus grands, il fallait procéder en deux temps. « On s’y asseyait avec les jambes pendantes, on lavait d’abord le haut, puis on s’asseyait sur une petite chaise en bois pour laver le reste. »
Plus tard, elle est tombée amoureuse de Wilfrid, un catholique francophone qui vivait à proximité et fréquentait l’école catholique française locale. Elizabeth était protestante, cependant, et dans le Québec des années 1940, cette différence avait son importance.
« J’avais l’habitude de jouer avec ses sœurs », se souvient-elle. « Lorsque nous n’étions que des enfants qui s’amusaient, la religion n’était pas un problème. Mais quand lui et moi avons voulu nous marier, elle l’est devenue. C’était comme ça à l’époque ».
Elizabeth choisit de se convertir au catholicisme pour pouvoir épouser Wilfrid. « J’ai dû lire Le catéchisme et tout apprendre par moi-même », dit-elle. « Je me rendais au bureau du prêtre au presbytère. Il m’interrogeait sur mes lectures et je répondais. Cela a pris plusieurs mois. »
Ses parents ont respecté sa décision. « Ils ont compris que j’étais amoureuse », dit-elle. « Wilfrid était un gentleman. Il était propre, respectueux, ne fumait pas, ne buvait pas et aidait toujours les gens ».
Ils se sont mariés le 10 novembre 1945 au Couvent Sainte-Famille de Kenogami. Peu après, ils déménagent à Montréal, où Wilfrid travaille comme soudeur sur des navires de guerre. Ils louent un petit appartement dans l’Est de la ville. « Il n’y avait ni réfrigérateur ni glacière », se souvient-elle. « Tous les habitants de Kenogami me manquaient. J’avais le mal du pays. »
Ils retournent à Kenogami environ deux ans plus tard. Wilfrid reprend son emploi à Alcan, où il avait déjà travaillé, et y reste jusqu’à sa retraite. Leurs sept enfants sont nés et ont grandi à Kenogami-Jonquière. Elizabeth se souvient qu’après avoir eu cinq filles, « toute la ville priait pour que j’aie un garçon ». Elle a finalement eu deux fils. « Les gens venaient me voir dans la rue pour me féliciter. »
Elle parle avec tendresse des plaisirs simples de la vie d’alors : le ski de fond avec d’autres jeunes mères une fois les enfants endormis, les glissades au centre de ski local, les achats chez Gagnon Frères. La famille a fini par déménager à Arvida (qui fait maintenant partie de Saguenay) et s’est installée dans une maison à un étage que Wilfrid a aidé à construire.
« Pendant vingt ans, nous n’avons jamais manqué un seul paiement sur la maison », m’a-t-elle dit en souriant. Elle décrit le jour où le dernier avis de paiement est arrivé par la poste : « Lorsque nous avons enfin remboursé la maison, tous les membres de la famille ont dansé dans la cuisine et ont fêté l’événement. Ce fut l’un des plus beaux jours de ma vie. »
Lors de ma deuxième visite, j’ai montré à Elizabeth de vieilles vidéos de Kenogami dans les années 1960 que j’avais trouvées en ligne. Une scène l’a interpellée : Elle s’est exclamée en regardant une femme passer devant la vitrine d’un grand magasin : « On dirait ma mère en train de marcher ! » Elle a parlé des églises, des magasins du coin, du Collège du Sacré-Cœur et du centre de ski. Elle se souvenait de tout.
Lors de ma troisième visite, je lui ai apporté un livre que j’avais réussi à trouver : The History of the English Community at Kenogami, Quebec : With an Emphasis on the Period 1912-1952 (L’histoire de la communauté anglaise de Kénogami, Québec, avec un accent sur la période 1912-1952). En feuilletant les pages, sa voix s’est illuminée de familiarité : « Il habitait en face de chez nous… J’allais à l’école avec elle… C’était mon institutrice de première année, Mlle Black. » Nous avons trouvé une photo de son frère aîné, Tommy, prise le jour de son mariage en 1945, et une autre de son cousin John, sur une photo de classe de 1946. Sur la liste des pierres tombales du cimetière protestant de Kenogami, nous avons trouvé les noms de ses parents, James Vatcher et Mary Mansbridge, décédés en 1957 et 1979.
Lorsque j’ai demandé à Elizabeth quelles étaient les personnes qui avaient eu le plus d’impact sur sa vie, elle a répondu : « mes enfants ».
« Ils sont tous allés à l’école anglaise, mais ils parlaient aussi le français », dit-elle. « Je voulais qu’ils fassent quelque chose et qu’ils deviennent quelque chose. » Elle sourit en parlant de sa fille Hélène, qui a travaillé pour Alcan et s’est jointe à la chorale de l’entreprise. « Elle en était très fière. »
Lorsque j’ai demandé à Elizabeth de quoi elle était le plus fière, elle m’a répondu : « D’avoir élevé une famille et d’avoir fait tourner la maison, la plupart du temps toute seule. Mon mari travaillait beaucoup. »
Elle a vécu assez longtemps pour voir sa famille s’agrandir sur cinq générations : 17 petits-enfants, 23 arrière-petits-enfants et même 2 arrière-arrière-petits-enfants.
Mais elle a aussi connu des pertes déchirantes. En l’espace de trois ans, elle a perdu deux filles et un fils. Son mari, Wilfrid, est décédé en 1965. De ses sept frères et sœurs, il n’en reste que deux : Allan, aujourd’hui âgé de 82 ans, et Hilda, 89 ans. Elle m’a montré une photo de sa sœur Beatrice, aujourd’hui décédée. « Elle était si proche de notre famille et si gentille avec mes filles lorsqu’elles grandissaient. »
Je lui ai demandé comment elle avait supporté un tel chagrin. Elle m’a expliqué qu’il y avait trois jours de deuil au funérarium, où se réunissaient les amis et la famille. « Ensuite, vous rentrez chez vous. Il faut vivre avec son chagrin. »
Pourtant, elle reste reconnaissante. « Lorsque vous avez connu tant de mauvais jours et d’épreuves, vous appréciez davantage les bons moments », a-t-elle déclaré.
Aujourd’hui encore, elle trouve de la joie dans les plus petits gestes de la vie : un plat de cerises que sa fille Anne lui a apporté récemment, ou la carte d’anniversaire de sa fille Jane qui arrive chaque année à temps. « Peu importe le jour de la semaine, elle me la fait toujours parvenir à temps. »
Elle m’a dit qu’elle était heureuse lorsque ses enfants évoquaient des souvenirs d’antan. Ils lui demandent : « Tu te souviens, maman… ? » Et c’est le cas. « Ce sont les meilleurs moments », dit-elle.
En terminant notre dernière visite, j’ai demandé à Elizabeth ce dont elle était reconnaissante aujourd’hui.
« Que je sois toujours en vie », a-t-elle dit.
Après une pause, elle a ajouté : « Je sais que je ne suis pas la meilleure dans ce domaine, mais j’essaie de me souvenir de tout ce que je peux. »
Puis elle a demandé : « Pensez-vous que mon histoire vaut la peine d’être racontée ? »
« Bien sûr que oui », ai-je répondu. « Vous avez vécu près d’un siècle de changements – tant de vie, tant d’histoire. Cela mérite d’être partagé. »
« Merci d’avoir pensé à moi », dit-elle.
Note de l’autrice
Ce fut un honneur de passer du temps avec Elizabeth et d’entendre son histoire de première main. Au cours de ces quelques visites, j’ai été frappée par sa force, son humilité et sa capacité à trouver de la joie dans les moments les plus simples de la vie. Je suis reconnaissante d’avoir eu l’occasion de contribuer à faire entendre sa voix. Son histoire nous rappelle que le sens de notre vie se trouve dans les liens que nous entretenons avec les autres et que, même dans la douleur et la perte, la gratitude peut perdurer.
Elizabeth est décédée à Saint Brigid’s Home le 2 septembre 2025.
Bibliographie
Google. (n.d.). [Vue de la rue du 3714 rue Cabot, Jonquière, QC]. Consulté le 11 août 2025
Radio Canada Info. (2015, 25 février). ICI NOTRE HISTOIRE : Kénogami il y a un demi-siècle [Vidéo]. YouTube. https://www.youtube.com/watch?v=7gd5ha3RdcI
McIntosh, D. et McIntosh, C. (2004). L’histoire de la communauté anglaise de Kénogami, Québec : Avec l’accent sur la période 1912-1952. Epic Press.
- La douce couleur verte : Des études montrent que le fait de passer du temps dans des espaces verts peut réduire le stress, améliorer la concentration et même stimuler votre humeur. La couleur verte est particulièrement apaisante. Elle indique à notre cerveau que nous nous trouvons dans un endroit sûr et calme, ce qui est profondément ancré dans l’évolution humaine. Le simple fait de contempler des arbres ou de l’herbe peut ralentir votre rythme cardiaque, apaiser les tensions et vous aider à vous sentir mieux ancré dans la réalité.
- Les formes apaisantes de la nature: Les formes de la nature ont également quelque chose de spécial. Les feuilles, les branches d’arbres et les nuages ont tous des formes douces et irrégulières que le cerveau peut facilement assimiler. Ces motifs naturels aident notre esprit à se reposer et à se réinitialiser. C’est pourquoi vous pouvez vous sentir mentalement revigoré après une promenade dans le parc ou même simplement assis sur un balcon avec quelques plantes en pot.
- Les grands avantages de la nature locale : Au fil du temps, le fait de passer plus de temps dans la nature a été associé à une meilleure mémoire, à une pensée plus claire et même à un risque moindre de dépression et de démence. Et il n’est pas nécessaire de faire des randonnées dans la nature pour en tirer des bénéfices : de courts moments quotidiens autour de la verdure, qu’il s’agisse d’un jardin, d’un banc de parc ou d’un jardin communautaire, peuvent faire une réelle différence.


Un jour de printemps, le printemps des temps, Mère Nature s’amusait avec l’herbe qu’elle venait d’inventer : l’herbe à chat. C’est en se roulant à l’intérieur, les pupilles dilatées, chacune de la taille d’une pièce de deux dollars, qu’elle eut l’idée de faire des humains. Elle demande alors à un animal de descendre de son arbre pour lui servir de modèle, elle commence ainsi : deux bras, deux jambes, deux yeux, un nez. Elle décide d’y aller doucement pour une fois et lui donne de l’intelligence. Elle recouvre le tout de peau puis sort ses crayons de couleur.
Elle en a des couleurs, elle qui n’a jamais travaillé avec une seule mais toujours avec une multitude. Les couleurs volent, virevoltent et s’appliquent à l’être humain comme des millions d’étreintes éternelles. Mère Nature est heureuse, elle rit. Pourquoi s’arrêter à l’extérieur ? Les couleurs entrent dans la tête, pénètrent dans le cœur. La diversité maîtrise l’art comme une idée autonome. Et l’homme qu’elle a vu a pris vie. Il a vécu pendant des siècles, puis un jour, par paresse, il a nié la nature et a voulu limiter les couleurs. Mère Nature est triste, elle n’aime pas ça et ne reconnaît plus son travail. Alors aidons-la. Mettons en valeur ces couleurs que le passé a reléguées à l’arrière-plan. Nous sommes beaux dans la diversité. La diversité… c’est naturel.