Les obstacles émotionnels à l’activité physique

Bonjour à tous,

Vous rendez-vous compte qu’on est déjà en juillet ? J’ai personnellement du mal à réaliser que nous sommes déjà à mi-parcours de l’année 2026 et que l’été bat déjà son plein. Pour moi, les températures plus chaudes ont toujours été un rappel de mes complexes liés à mon image corporelle. Tout à coup, tout le monde porte des shorts et des robes, et je me sens trop pâle, pas assez mince ou pas assez tonique.

Récemment, je suis tombée sur une étude consacrée à l’image corporelle et au refus de faire de l’exercice chez les jeunes adultes. Cela m’a amenée à me demander si ces mêmes sentiments évoluaient à mesure que l’on vieillissait, ou s’ils prenaient simplement des formes différentes. Il s’avère que la réponse est à la fois oui et non. L’image corporelle reste importante à mesure que l’on vieillit, mais elle ne constitue plus qu’une pièce d’un puzzle bien plus vaste.

Quand l’image corporelle devient un obstacle à la pratique d’une activité physique

Pour mieux cerner cette situation dans son ensemble, examinons tout d’abord ce que nous savons sur l’image corporelle et l’activité physique en général.

On entend souvent dire qu’une activité physique régulière est l’une des meilleures choses que l’on puisse faire pour sa santé. Pourtant, malgré ces bienfaits bien connus, de nombreuses personnes restent inactives. Si le manque de temps, les problèmes de santé et l’accès aux installations constituent des freins courants, un autre obstacle est souvent négligé : l’image corporelle. Pour beaucoup, faire de l’exercice ne se résume pas simplement à bouger son corps : il s’agit aussi d’être vu(e) en train de le faire. La gêne, la crainte d’être jugé(e) ou la pression liée à des critères de beauté irréalistes peuvent faire en sorte que les lieux dédiés au fitness soient perçus comme intimidants plutôt qu’accueillants.

Il n’est donc pas surprenant que des études montrent que l’image corporelle joue un rôle important dans la pratique d’une activité physique, en particulier chez les femmes et les adolescents. Les personnes qui ne sont pas satisfaites de leur apparence ou qui s’inquiètent de la façon dont les autres perçoivent leur corps sont moins enclines à pratiquer un sport, à suivre des cours de fitness ou à participer à des activités en salle de sport. Des études ont également montré que les personnes victimes de stigmatisation liée au poids — c’est-à-dire d’attitudes négatives ou de discrimination fondées sur la corpulence — sont plus enclines à éviter complètement l’exercice physique. Lorsque l’activité physique est associée à l’apparence plutôt qu’au bien-être, cela se traduit souvent par une baisse de motivation, moins de plaisir et un risque accru d’abandon.

L’image corporelle chez les personnes âgées

Chez les personnes âgées, la situation est légèrement différente. Les préoccupations liées à l’image corporelle ne disparaissent pas avec l’âge. De nombreuses femmes, en particulier, continuent d’éprouver une insatisfaction vis-à-vis de leur apparence jusqu’à un âge avancé. Les personnes âgées ayant été victimes de stigmatisation liée au poids peuvent également éviter les lieux dédiés au sport en raison d’expériences passées de jugements ou de discrimination.

Cependant, les études montrent systématiquement que l’apparence physique n’est pas la principale raison pour laquelle les adultes de plus de 65 ans évitent l’activité physique. Le plus souvent, les obstacles sont d’ordre pratique : douleurs chroniques, peur de tomber, mobilité réduite, fatigue, problèmes de transport ou simplement le fait de ne pas savoir par où commencer. Certains se sentent également intimidés par les lieux dédiés au fitness qui semblent s’adresser à une clientèle plus jeune et en meilleure forme physique. Ces conclusions nous rappellent que pour promouvoir l’activité physique chez les personnes âgées, il faut s’attaquer à la fois aux obstacles pratiques et émotionnels, et ne pas se contenter d’encourager les gens à « faire plus d’exercice ».

L’activité physique au service de la santé, de l’autonomie et du bonheur

Anaïs Fortin-Maltais, coordonnatrice du programme Vieillir en communauté et du Cercle des proches aidants

Heureusement, nous savons également ce qui motive les personnes âgées à rester actives. Plutôt que de se concentrer sur la perte de poids ou l’apparence physique, les personnes âgées sont bien plus enclines à adopter l’activité physique lorsqu’elle est liée à des objectifs quotidiens significatifs. Rester suffisamment en forme pour jardiner, monter les escaliers, voyager, jouer avec ses petits-enfants, conserver son équilibre, réduire la douleur ou continuer à vivre de manière autonome sont autant de facteurs de motivation puissants. Le plaisir et les liens sociaux ont également leur importance. Se promener avec un ami, rejoindre un groupe de marche ou un cours de sport communautaire, ou participer à un programme de danse peut faire en sorte que l’activité physique soit moins perçue comme une corvée et davantage comme une occasion de créer des liens avec les autres.

En mettant en avant ce dont notre corps est capable plutôt que son apparence, nous créons des environnements plus inclusifs où les personnes de tous âges — et de toutes morphologies — peuvent profiter des bienfaits physiques et émotionnels d’une vie active. C’est peut-être une chose qu’il vaut la peine de garder à l’esprit cet été. Au lieu de nous demander si nos corps sont « prêts pour l’été », nous pourrions peut-être nous concentrer sur ce qu’ils nous permettent de faire.

Je vous souhaite de nombreuses occasions de faire de l’exercice en juillet !

Prenez soin de vous,

Anaïs

 

 

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