Une vie joyeuse ensemble
Je menais une vie heureuse avec ma merveilleuse compagne, Denyse, et nos cinq enfants adultes. La plupart de nos enfants vivaient à Québec et, après avoir pris ma retraite du gouvernement canadien en tant qu’enquêteur des douanes, Denyse et moi avons choisi de nous y installer également. Nos journées étaient remplies de bonheur et nous voyagions souvent ensemble. Les sorties en famille et les rassemblements festifs pour divers événements étaient fréquents et nous rapprochaient. Au Québec, je me suis épanoui en enseignant l’anglais et en travaillant à temps partiel comme journaliste au Québec Chronicle Telegraph.
L’apparition de la démence
La démence s’est lentement installée dans notre foyer lorsque Denyse a commencé à montrer des signes d’oubli. Elle mettait les choses au mauvais endroit et avait parfois des hallucinations. Au fur et à mesure que son état évoluait, je me suis retrouvé dans l’obligation d’être présent 24 heures sur 24 pour assurer sa sécurité et son bien-être. Pour la surveiller pendant que je continuais à travailler à temps partiel comme journaliste et écrivain, j’ai installé un émetteur dans le salon pour pouvoir entendre ses activités. Parfois, je l’entendais parler et je découvrais qu’elle avait des conversations imaginaires avec ses parents tout en regardant un canapé vide. Les tâches quotidiennes sont devenues plus difficiles : Je trouvais des couverts dans les poubelles et des vêtements sales dans les tiroirs de la commode. Pour éviter les accidents dans la cuisine, nous avons commencé à acheter des plats préparés. Les exigences liées à ses besoins physiques et émotionnels sont devenues de plus en plus stressantes pour moi.
Transition vers les soins assistés
Sur les conseils de professionnels, nous avons déménagé en octobre 2019 à Logidor, situé dans le quartier Sainte Foy à Québec, afin que Denyse puisse recevoir les soins dont elle a besoin. Le matin de la veille de Noël, le 24 décembre, j’ai entendu Denyse pleurer et je l’ai trouvée par terre près du lit. J’ai immédiatement appelé l’équipe médicale et une infirmière est arrivée rapidement. Il s’est avéré qu’elle s’était fracturé la hanche et une ambulance a été appelée. Denyse a passé 42 jours à l’hôpital, au cours desquels une tige métallique a été placée dans sa jambe. Son séjour a été prolongé pour permettre des évaluations mentales. J’ai été invité à rencontrer l’équipe médicale, qui m’a informé que Denyse était atteinte de la maladie d’Alzheimer et m’a expliqué que je ne pouvais plus m’occuper d’elle seul. Il est devenu évident qu’elle devait être placée dans un établissement de soins.
Un nouveau chapitre à Saint Brigid’s
Heureusement, une place s’est libérée au CHSLD Saint Brigid’s dans le quartier de Sillery à Québec. Pendant les trois premières années, je me rendais régulièrement en voiture pour rendre visite à Denyse. En mai 2024, j’ai été accepté au Manoir McGreevy, qui est idéalement situé à côté du CHSLD Saint Brigid’s, avec un tunnel attenant et un ascenseur accessible aux fauteuils roulants. Cette proximité me permettait de voir Denyse tous les jours, et j’étais rassuré de savoir que le personnel médical et les coordonnateurs d’activités s’occupaient bien d’elle. Je pouvais l’amener dans mon appartement au manoir McGreevy, où elle était chaleureusement accueillie par les résidents qui avaient appris à la connaître. Nous regardions des vidéos et des photos de notre famille et des vacances que nous avions passées, avant que je ne la ramène au CHSLD Saint Brigid’s pour ses repas. Cette routine s’est poursuivie jusqu’au 29 mars 2025, date à laquelle Denyse est décédée. Notre famille s’est récemment réunie pour marquer le premier anniversaire de son décès.
Soutien familial et souvenirs impérissables
Le soutien de mes enfants a été crucial pour ma santé et ma résilience pendant cette période. Denyse et moi avons partagé 73 ans de mariage et avons eu la chance d’avoir cinq enfants, neuf petits-enfants et dix arrière-petits-enfants. Malgré les défis posés par la maladie d’Alzheimer, les années que nous avons passées ensemble ont été remplies de bons souvenirs. À 93 ans, je continue à conduire ma voiture et j’écris ces lignes sur mon ordinateur. Je suppose que la démence ne m’affectera pas avant un certain temps, voire jamais.
Par Charles William(Bill) Cox