Depuis l’année dernière, mon parcours a commencé lorsque j’ai quitté mon pays et ma famille après la guerre de 2024 et que je suis venue vivre avec ma sœur au Québec. En tant que personne d’expression anglaise dans un environnement majoritairement francophone, je me suis souvent sentie encore plus isolée, car même les tâches quotidiennes les plus simples devenaient stressantes et accablantes.
Les débuts n’ont pas été faciles. Tout ce qui m’entourait m’était inconnu : la langue, l’hiver rigoureux et les gens. Je ne connaissais personne et cela a profondément affecté ma santé mentale. Je ressentais la peur, la solitude et la confusion presque tous les jours.
Le premier mois a été le plus difficile. J’avais peur de sortir à cause du froid et l’hiver rendait tout plus lourd. Je me souviens d’avoir manqué l’autobus une fois et d’avoir pleuré parce que je ne savais pas quoi faire. Une autre fois, j’ai pris le mauvais autobus et je me suis retrouvée loin de la ville. Dans ces moments-là, je me suis sentie complètement perdue et seule.
Au début, j’étais très dure avec moi-même. Je pensais que j’échouais parce que je n’arrivais pas à m’adapter rapidement. Mais peu à peu, j’ai commencé à comprendre ce que signifie l’autocompassion. J’ai réalisé qu’il était normal de se sentir perdu et que l’adaptation à une nouvelle vie prenait du temps. Au lieu de m’en vouloir, j’ai commencé à me traiter avec patience et gentillesse.
J’ai commencé à prendre de «petits pas» pour prendre soin de ma santé mentale. J’ai exploré la ville par moi-même, j’ai découvert de nouvelles rues, j’ai marché tous les jours et j’ai passé du temps à lire. Ces activités simples m’ont aidée à me sentir plus calme et mieux ancrée dans la réalité.
L’un des tournants les plus importants a été la prise de contact avec la communauté. J’ai commencé à faire du bénévolat, ce qui m’a permis de rencontrer des gens et de me sentir moins seule. Cela m’a rappelé que même dans un nouvel endroit, le soutien et la gentillesse existent.
Plus tard, j’ai commencé à travailler chez Walmart, ce qui m’a permis de mieux m’intégrer dans la société, de nouer des liens et d’améliorer ma confiance en moi. Au fil du temps, j’ai commencé à me sentir à ma place et à avoir une nouvelle sorte de famille ici.
Ce voyage m’a appris que la santé mentale est profondément liée à notre sentiment d’appartenance et aux personnes qui nous entourent. Il m’a également appris la résilience, la force de continuer à avancer, même lorsque les choses sont incertaines.
Aujourd’hui, je crois que la santé mentale est importante parce qu’elle façonne la façon dont nous nous voyons et dont nous voyons le monde. La guérison ne se fait pas d’un coup ; elle se fait par petites étapes, par la compassion et par le soutien d’une communauté qui nous rappelle que nous ne sommes pas seuls.
Par Rabab Husseiny