Parfois, rendre la vie plus agréable ne signifie pas en faire plus, mais se reconnecter à soi-même après une période difficile.
Je suis étudiante au cégep et le semestre d’hiver 2025 a été une période difficile pour moi. Je me sentais seule et déconnectée, comme si je passais à côté de mon adolescence et que je ne vivais pas la vie que je m’étais imaginée. Mes journées me semblaient répétitives : je passais de la maison à l’école et vice-versa. Je regardais le temps passer tout en me sentant coincée et insatisfaite.
Comment la tristesse a commencé
Avec le recul, je pense qu’une grande partie de ma tristesse provenait de la comparaison. Je passais beaucoup de temps sur les médias sociaux, à voir des amis et des inconnus publier des articles sur des fêtes, des voyages et des moments passionnants. Alors que d’autres semblaient vivre pleinement, j’avais l’impression que ma vie était ennuyeuse.
Le fait de me comparer aux autres est peu à peu devenu toxique. J’ai commencé à romancer les vies que je voyais en ligne tout en dévalorisant la mienne. J’ai oublié que ce que nous voyons en ligne n’est que ce que les gens choisissent de montrer, et non le tableau complet. Même si c’était le cas, nous ne sommes pas tous destinés à vivre la même vie. Nous trouvons tous le bonheur dans des choses différentes, et sortir ou faire la fête toutes les semaines n’est pas ce qui comble tout le monde.
Un tournant
Une fois que j’ai compris que la comparaison me nuisait, j’ai décidé de me concentrer sur moi-même et sur ce qui m’épanouissait vraiment. J’ai réduit mon temps passé sur les médias sociaux et j’ai commencé à explorer de nouvelles activités sans pression ni attentes.
Je me suis lancé de petits défis en pâtisserie, j’ai commencé à coudre, j’ai couru et marché, j’ai peint, j’ai fabriqué des bracelets et j’ai même essayé de faire du crochet. Certaines de ces activités n’ont pas fonctionné pour moi, mais d’autres m’ont apporté une véritable joie. Le but n’était pas d’être parfaite, mais simplement d’essayer, de découvrir et de me reconnecter avec moi-même.
S’épanouir par l’action
L’un des changements les plus utiles que j’ai opérés a été de m’impliquer dans un club scolaire. Grâce à ce club, j’ai rencontré de nouvelles personnes et j’ai travaillé sur des projets intéressants. Je n’ai pas eu l’impression de travailler, mais de me sentir utile, engagée et connectée. S’il n’y a pas de club qui vous intéresse, le fait de vous impliquer dans une association, une équipe sportive ou de trouver un emploi dans un environnement positif et avec des personnes qui vous soutiennent peut faire une énorme différence.
J’ai également appris l’importance de l’équilibre. Avoir des amis et une vie sociale est important, mais protéger sa santé mentale, ses objectifs et son énergie l’est tout autant. Prendre de la distance par rapport aux choses qui vous influencent négativement – qu’il s’agisse de certaines habitudes, de certains environnements ou même de certaines relations – peut constituer une étape importante pour vous sentir mieux.
Où j’en suis
Aujourd’hui, je me sens en paix. Je suis beaucoup plus attentive à la façon dont j’utilise les médias sociaux ; je ne les laisse plus influencer la façon dont je vois ma propre vie. Je peux sincèrement me réjouir pour les autres sans me comparer à eux. J’ai appris à apprécier le calme et l’équilibre dans ma propre vie.
Je participe à un club où j’ai rencontré des personnes inspirantes, j’alterne entre la course à pied, la gym et le spinning, et j’ai toujours un projet personnel sur lequel je travaille. J’ai également commencé un stage en biologie – de nombreuses opportunités existent, il suffit de prendre le temps de les chercher.
Lorsque je n’ai rien de prévu, je m’autorise à me reposer. Je fais de la pâtisserie, je crée ou je me promène. Et surtout, je suis heureuse de cette vie.
Si vous traversez une période difficile, sachez que les choses peuvent changer. La paix n’apparaît pas du jour au lendemain – elle se construit lentement, un petit choix à la fois. Parfois, la vie la plus agréable est celle où vous vous sentez enfin à nouveau vous-même.
Par Maissa Ndiaye, Ambassadrice J&E 2025-26